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vendredi 15 novembre 2013

FIGARO CLASSIFIEDS devient régie locale de Google pour l'immobilier, l'emploi et la formation

Quand j'ai vu le communiqué de presse de FIGARO CLASSIFIEDS, le groupe propriétaire des sites emploi cadremploi, cadresonline et keljob ainsi que bien d'autres portails d'annonces dans l'immobilier et la formation, sur sa nouvelle alliance stratégique avec Google, je me demandais ce que cela allait signifier pour leurs clients ainsi que pour leurs concurrents sur le marché des "classifieds".

J'ai donc parlé à Pascal Lasserre, Directeur Délégué à la Formation chez FIGARO CLASSIFIEDS, afin d'obtenir tous les renseignements nécessaires sur ce nouveau partenariat.

Voici mes questions et le résumé des réponses de Pascal Lasserre:

Quelle est la différence entre une régie locale et une agence de communication (RH) web certifiée qui s'occupe des campagnes Google AdWords de ses clients?
  • Etre une régie locale chez Google représente le plus haut niveau de partenariat entre Google et un annonceur ou une entreprise. C'est un label qui inspire la confiance. En plus c'est un gage de la part de Google qui montre la qualité et l'expertise d'un annonceur dans un certain domaine. 
  • La certification de Google repose sur des principes purement techniques: l'expert Google AdWords certifié connaît et maîtrise parfaitement le fonctionnement des produits Google. Pour devenir une régie locale, il faut en plus maîtriser un secteur spécifique. Pour FIGARO CLASSIFIEDS ces secteurs sont la formation, l'emploi et l'immobilier.
  • FIGARO CLASSIFIEDS n'est pas une régie locale exclusive dans les domaines mentionnés - Google ne permet pas d'exclusivité dans ses partenariats. Néanmoins, Pascal Lasserre pense qu'il n'y en a pas vraiment d'autres pour la partie emploi et formation

Que signifie cette nouvelle alliance stratégique pour FIGARO CLASSIFIEDS et ses clients?
  • Il s'agit d'un élargissement de l'offre actuelle au-delà des sites du groupe eux-mêmes. FIGARO CLASSIFIEDS peut prendre en charge la communication en ligne de ses clients pour renforcer leur visibilité sur le web et le mobile en se servant de toute la gamme de services proposée par Google, notamment des campagnes AdWords (liens sponsorisés ainsi que du "display"), le "Re-Targeting" (ou Re-Marketing selon Google) et des vidéos sur Youtube.
  • Le but n'étant pas de ramener plus de trafic sur les sites d'annonces de FIGARO CLASSIFIEDS mais d'atteindre les objectifs fixés par le client. Ceux-là peuvent être de remplir une formation d'un organisme d'éducation, communiquer sur un événement de recrutement ou de faire visionner un bien immobilier par exemple.
  • Ce partenariat stratégique représente une nouvelle source de développement de revenus pour FIGARO CLASSIFIEDS. 
En quoi consiste l'offre pour les clients de FIGARO CLASSIFIEDS? Quels en seront les prix? Quel est le modèle de commercialisation?
  • Il y a 2 options
  1. abonnement: le client investit un budget bien défini au préalable pendant une période délimitée 
  2. campagnes ponctuelles pour lesquelles il sera également question de pré-définir un budget
  • Les clients visés sont les PME qui seront séduits par ce modèle.
Conclusion:
Ce sera intéressant à voir comment d'autres acteurs du marché (par exemple Régionsjob, indeed.fr ou bien Monster vont réagir à cette nouvelle offre de FIGARO CLASSIFIEDS qui ne promouvra pas les sites du groupe mais qui renverra du trafic vers ceux de leurs clients.

Même à niveau international, les réactions d'acteurs tels qu'Axel Springer, Schibsted Media ou Alma Media seront à suivre de près. 

vendredi 18 octobre 2013

Conférence ou Non-Conférence: les différences culturelles dans les événements RH européens

Les semaines dernières, j'ai pas mal bougé. Toujours au nom du recrutement moderne ou innovant ou digital, ... bref, j'étais en quête de news dans ma branche excitante qui lie deux de mes passions: le recrutement et les nouvelles technologies.

D'abord, en mi-septembre, j'ai voyagé à Cologne, grande ville allemande traversée par le Rhin et où boit une bière qui s'appelle "Kölsch", pour être présente au plus grand salon RH d'Allemagne, le "Zukunft Personal". J'ai d'ailleurs rédigé un billet en français pour le blog recrutementmediasociaux pour parler des dernières tendances du recrutement en Allemagne.

Ensuite, j'ai passé quelques jours à Munich pour participer à la conférence "World Talent Forum" où, entre autres intervenant, une ancienne star du foot allemand, Karl-Heinz Rummenigge, nous parlait de l'acquisition de nouveaux talents dans le football. Son discours était un des plus passionnants de tous.

Début octobre direction Zurich pour écouter, lors de la "Recruiting Convention 2013", ce que les Suisses avaient à raconter sur le recrutement et de la promotion de la marque employeur. Une journée riche d'informations et de rencontres dans un bel endroit au bord du lac de Zurich. Le lendemain, présentation en avant-première de la nouvelle CV-thèque de jobs.ch, le CVcloud.

Enfin, cette semaine, j'ai refait mes bagages pour me rendre à Paris. Mardi, 15.10, avait lieu la #rmsconf, la conférence du recrutement mobile et social, et mercredi, 16.10., j'enchaînais sur la NON-conférence du recrutement, le #TruParis.

En un mois, j'ai parcouru 3 pays pour assister à des événements en lien des RH: l'Allemagne, la Suisse et la France.

Les sujets traités étaient plus ou moins similaires d'un pays à l'autre: il y avait des exemples de recrutement innovant en entreprises (les "Best Practices" - ou, pour rester françaisément correct, les meilleures pratiques), des exposés sur les problématiques de recrutement de nouvelles et d'anciennes générations (Y, bien sûr, mais aussi la génération des Séniors qui devient de plus en plus importante -> faut y penser), le Sourcing Direct et les dernières technologies dans le domaine.

Après, il existe des thématiques plus ou moins inhérentes à chaque pays. En France cela peut être le quota de personnes handicapées à embaucher dans une entreprise ou encore la mauvaise expérience candidat (une des pires dans les 3 pays en question, d'ailleurs), par exemple.

En Allemagne, ce sont ces questions qui tournent autour de la législation très restrictive du traitement de données personnelles dans le processus de recrutement. En dehors de cela, un sujet dont on ne parle pas vraiment en France, mais qui apparaît régulièrement en Allemagne et en Suisse: la notation de l'entreprise sur des plateformes qui ressemblent un peu à TripAdvisor, juste que là, on évalue son employeur.

Ce qui est, finalement très intéressant, après avoir participé à tous ces événements RH "européens", c'est de comparer les ambiances et l'organisation des conférences.

Les événements allemands et suisses sont souvent très bien organisés (stéréotype oblige ;-), les endroits sont très propres, nickels, pro, peut-être tout est même un peu trop parfait et brillant. On donne plutôt des cours magistraux, les interventions durent 45 minutes et paraissent interminables. Sauf s'il y a des Suisses qui animent un spectacle amusant. Oui, la Suisse, on y fait des événements un peu "germaniques" tout en leur prêtant un esprit un brin décalé. C'est charmant, c'est (tip)top (comme on dit chez eux).

Et en France, tout es bien organisé aussi. Mais par moments, il y a des trucs qui manquent (le café l'après-midi lors de #TruParis par exemple ou, tout d'un coup, il n'y a plus rien à manger), la technique qui lâche, des toilettes un peu dégueues, une affiche qui tombe. Mais bon, ça c'est vraiment des détails.

Contrairement aux cours magistraux allemands, on a des séquences de 20 minutes de contenu suivies de quelques questions du public. Çà, c'est vraiment bien. On n'a pas le temps de s'ennuyer ou de commencer à penser à autre chose. Par contre, tout va très vite - mais ça c'est peut-être dû au fait que je suis allemande. Même si je comprends pratiquement tout, 10 heures de contenu en presque continu, c'est quelque chose.

Mais ce que j'aime le plus dans les conférences ou non-conférences françaises, c'est le partage et l'esprit de réseautage. Je ne sais pas si cela est dû à la branche ou à notre passion commune pour les nouvelles technologies, mais j'ai rarement "réseauté" aussi bien qu'en France! Et par là j'entends parler à des gens que je ne connaissais pas auparavant.

C'est comme ça: en France on aime papoter, beaucoup, de préférence. Et j'aime ça aussi!

jeudi 12 septembre 2013

L'animateur de communautés est majoritairement féminin

Le Community Manager n'existe plus en France! Dixit le blog du Modérateur du site d'offres d'emploi Régionsjob. Ceci est dû à la Commission générale de terminologie et de néologie - dans laquelle on trouve quelques membres de la fameuse Académie Française - qui a décrété que ce mot trop anglophone devait disparaître de la belle langue française.

D'ailleurs, noubliez surtout pas que le "crowdfunding" devrait se dire "financement participatif" et que le désastreux "binge drinking" représente en vérité une "beuverie express" - mais ceci ne sont que des suggestions de la part de l'Académie Française. Certainement ces suggestions rentreront un jour dans un nouvel avis de la Commission générale de terminologie et de néologie du gouvernement.

Enfin, bref, revenons à nos moutons.

Il y a quelques semaines, j'ai participé à un questionnaire sur le travail des Community Managers Gestionnaires de communautés en France. Julie Albenque, depuis peu dotée d'un Master 2 Web Community Management et Réseaux sociaux, réalisait un sondage parmi cette population Web 2.0 professionnelle pour son mémoire de fin d'études.

Entre le 03.06.2013 et le 03.07.2013, 110 personnes ont participé à son questionnaire. Elle fait remarquer tout au début du résumé des résultats que:
"Les résultats permettent de mettre en lumière un profil «type» du community manager en poste actuellement en France, du moins ils permettent de se faire une idée des grandes tendances du métier.
Toutefois, il convient de considérer certains chiffres avec retenue du fait de la taille réduite de l’échantillon étudié, d’une part, et de quelques biais dans la structure de la population, d’autre part."
Avec son accord, je résume quelques-uns de ses plus importants résultats (merci, Julie!):
  • La majorité des Community Managers sont des femmes (55%)
  • 47% d'entre eux sont âgés entre 26 et 35 ans (35% pour les 25 ans ou moins)
  • 47% n'occupe leur poste que depuis environ 1 an
  • 77% ont exercé un autre métier avant d'être CM - dont une bonne partie dans la communication "générale" de l'entreprise ou en infographie et développement web
  • Pour 58% l'intitulé de leur poste est "Community Manager", mais on trouve également des intitulés tels que "Chargé de Communication Web", "Social Media Manager" (faudrait trouver un mot plus "français" pour celui-là aussi...) ou encore, pour 22% sondés quand même, il y a un "autre" intitulé de poste.
  • 55% ont fait un Bac+5, notamment en Marketing & Communication (58%)
  • 68% n'ont pas une formation spécifique pour être CM - ceci n'est guère étonnant, le métier du CM étant toujours tout neuf.
  • La plupart des participants travaillent dans les départements Marketing et Communication mais ils représentent souvent la seule personne en charge des communautés web.
  • Les 3 objectifs des CM fixés par leurs employeurs sont la notoriété de l'entreprise ("branding", réputation), trouver de nouveaux clients et fidéliser la clientèle. En 4ème position (j'ai envie de dire: enfin!), c'est la relation client / SAV / modération.
Afin de recevoir les résultats en détail, je vous invite de contacter Julie directement.

lundi 19 août 2013

Existe-t-il des Community Managers SENIOR?

Afin de répondre tout de suite à la question: oui, bien sûr!

J'ai récemment parlé à la Community Manager Senior de chez Monster Worldwide Deutschland GmbH, Eva-Maria Goldmann, et lui ai posé quelques questions.

En effet, après avoir terminé ses études de journalisme, d'histoire et de langues romanes, Eva-Maria a travaillé à la radio régionale de la Hesse, Hessischer Rundfunk. Depuis l'an 2000, elle a d'abord intégré la société Jobpilot avant que celle-ci ne se fasse racheter par Monster en 2004. Elle a continué à travailler chez Monster après la fusion.

Quand elle avait postulé chez Jobpilot en 2000 (à un poste de rédactrice online), on lui avait proposé de créer et d'animer une communauté qui s'adressait aux chercheurs d'emploi. Eva-Maria a relevé le défi et a conçu la stratégie, les outils et a commencé à communiquer avec les candidats en ligne. En fait, elle n'a jamais vraiment décidé de vouloir être une Community Manager. Elle aimait bien la tâche, le challenge, la nouveauté.

Aujourd'hui, après 13 ans d'expérience dans le domaine, après avoir créé et accompagné les premiers pas de la communauté Monster dans les média sociaux tels que Twitter, Facebook, Google+,... elle se réoriente de nouveau - elle est en train de suivre une formation afin de devenir médiatrice en entreprise.

Concernant des "crises" ou "Shitstorms" dans les média sociaux, Eva-Maria dit qu'elle n'a jamais vraiment vécu une crise grave. Elle souligne qu'une communication claire et ouverte est requise en cas de gestion de crise. "Le ton doit toujours rester professionnel - on bannira l'ironie à tout prix. Il faut être capable d'accepter la critique (bien fondée, bien évidemment) et avouer quand on a eu tort", dit-elle. En outre, accentue Eva-Maria, "un peu de critique permet à l'entreprise de se remettre en question, de revoir et de réviser ses produits. C'est une bonne chose."

Par rapport à la question sur les qualités nécessaires, voire appréciables, chez un Community Manager, Eva-Maria spécifie que l'empathie est très importante ainsi que l'envie de communiquer avec les gens de toutes sortes, des affinités avec les technologie modernes et les nouveaux média, de la créativité et de toujours avoir des bonnes idées.

Enfin, pour conclure, elle pense que le métier du Community Management va se diversifier dans les années à venir. Il n'y aura plus de fonction "purement" Marketing ou Community Management - les communautés, les réseaux sociaux et le marketing online vont continuer à évoluer. Les métiers associés feront de même.

Eva-Maria n'a jamais eu de formation initiale pour être Community Manager - pourtant, depuis l'ascension des média sociaux en 2008 jusqu'à aujourd'hui, elle a conseillé des dizaines d'étudiants qui aspiraient à ce métier.

Ceci prouve encore qu'une bonne dose de curiosité mélangée à un esprit vif et désireux d'apprendre ainsi qu'une pincée de volonté peuvent concocter un Community Manager digne de ce nom.

Vous trouvez aussi? Ou pas? Faites-le-moi savoir dans les commentaires.

mercredi 31 juillet 2013

Les relations blogueurs - la science infuse n'existe pas encore

Cela fait un moment que j'investis "la blogosphère" - c'était en 2006 quand j'ai lancé mon blog perso sur lequel j'ai décrit ma vie en France (à Lyon) en tant qu'allemande. Un an plus tard, et cela ne fait que quelques jours qu'il a soufflé ses bougies pour la sixième fois, Online-Recruiting.net - mon blog sur l'e-recrutement à l'international, est né.

C'est sûr, je m'occupe plus de ce dernier que des autres (il existe également une version anglaise d'Online-Recruiting.net, Socialmedia-Recruiting.com et depuis peu, un Tumblr en anglais qui comportera quelques observations sur les marchés des sites emploi et les réseaux sociaux).

Autour d'Online-Recruiting.net s'est créée une communauté très intéressante, intéressée et bien spécialisée: on y trouve des recruteurs germanophones, des gérants de sites d'offres d'emploi tous azimuts, des commerciaux qui interviennent auprès des professionnels des RH, des employés d'agences de communication (RH) et depuis l'émergence des médias sociaux, des consultants de toutes sortes. Bien évidemment, s'y rendent aussi quelques SEO en quête de liens et de mots-clés mais leur taux de réussite est faible chez moi.

Un blog, bien sûr, reflète le regard subjectif du blogueur sur une information plus ou moins objective, sur une observation qu'il a faite ou sur une idée qu'il (ou elle d'ailleurs!) a eue. Un billet représente majoritairement un commentaire engagé sur quelque chose qui a suscité l'intérêt du blogueur. L'envie de réagir, voire d'agir, motive le blogueur de s'exprimer sur la Toile - à sa façon.

Le web 2.0 a "démocratisé" la communication, il n'existe plus que le journalisme en guise d'objectivité ou de désintéressement mais on sait très bien que même le journalisme "pur" n'a pas toujours été objectif ou désintéressé mais on n'en parle pas ouvertement. Enfin bref, ce n'est pas le sujet.

Par conséquent, le Blogueur (oui, avec un grand B) n'est PAS un journaliste et il ne voudrait pas être traité en tant que tel. Il faut penser les relations presse avec les blogueurs autrement.

Tous les jours, je reçois plusieurs communiqués de presse sur des sujets plus ou moins pertinents. Environ trois quarts d'entre eux finissent directement à la poubelle. Le reste, je vais y jeter un coup d’œil afin de décréter si la news peut m'intéresser moi et mes lecteurs - ben oui, je pense à ma communauté: je les connais, je les pratique depuis six ans! Je sais ce qu'ils aiment, je sais sur quoi ils vont rebondir, je sens quelle information peut les titiller derrière leurs écrans (grands et petits).

Par moment, quand on rédige un billet dans lequel on exprime les 4 vérités en mettant le bout du doigt où cela fait mal, on a un coup de téléphone pour nous donner "les bonnes informations" - c'est à dire, on voudrait nous faire changer d'avis et, surtout, modifier le contenu du billet. Je comprends, ce n'est pas facile de voir que quelqu'un a remarqué le défaut d'un produit que l'on a soigneusement essayé de masquer.

Heureusement, la plupart des blogueurs font partie des gens qui sont capables de changer d'avis - il n'y a que les imbéciles qui n'en changent pas. Par contre, on le change uniquement quand on voit qu'on avait tort ou que l'on n'avait pas tous les éléments nécessaires.

Ce que je veux dire c'est qu'il est très important de mettre les formes dans la communication avec les blogueurs. Appeler en disant "mais pourquoi vous nous avez pas contactés avant de rédiger ce texte?" ne va pas booster la motivation du blogueur de réagir dans un sens ou un autre. Par contre, appeler en ouvrant le dialogue sur le sujet en proposant des éléments intéressants (!), voire exclusifs, supplémentaires, ça va parler à un vrai blogueur qui pense à son audience.

Les relations blogueurs, oui, c'est autre chose que les relations presse. Recevoir des cadeaux de la part d'une marque ne nous intéresse pas - en tous cas, pas moi. Je n'ai pas envie d'être amadouée ou de me faire acheter. Mais on peut avancer ensemble en dialoguant avec les marques - elles et les blogueurs, on peut comprendre et apprendre beaucoup de choses. Par exemple, on peut réviser son style d'écriture pour formuler certains points critiques autrement. Les marques, elles, finiront par comprendre qu'au bout du compte, les blogueurs ne cherchent pas à leur faire du mal.

De temps en temps, on peut recevoir des propositions de "stories" exclusives mais c'est toujours le blogueur qui décide à la fin s'il la raconte ou non. Il ne faut pas se vexer si c'est non.
Un (petit) déjeuner blogueurs (et NON presse) peut être une bonne idée pour rentrer en contact avec ces fans du rédactionnel. Mais, s'il vous plaît, ne nous faites pas subir une présentation de résultats d'une étude ou d'un nouveau produit. Justement, organisez plutôt un événement pour créer un nouveau produit en discutant avec nous. Vous aurez les commentaires, critiques et les éloges directement sur place! En plus, vous pourrez adapter ou améliorer votre produit sur-le-champ. Cool, hein?

Pour conclure, la communication moderne des marques doit toujours évoluer - les bonnes expériences de relations blogueurs réussies restent rares. La plupart du temps, les bons exemples me parviennent des professionnels de communication et de marketing d'Angleterre et des Etats-Unis.
Mais les blogueurs, eux aussi, doivent être et rester à l'écoute des marques - ce n'est qu'en dialoguant avec ces dernières que l'on fera avancer les choses.

lundi 15 juillet 2013

Interview: Community Manager de Baloise Group - Michele Richner

Comme indiqué dans un billet publié récemment, j'ai commencé à enquêter autour de moi afin de trouver des réponses à la grande question: le métier du Community Manager, cela englobe quoi exactement? Quel profil professionnel faut-il avoir? Faut-il un diplôme pour cela? Existe-t-il des formations exprès pour le Community et Social Media Management?

Les avis sur les deux dernières questions évoquées au paragraphe auparavant sont, bien évidemment, partagés. Par contre, je vois déjà - côté marché germanophone - une plus grande flexibilité par rapport aux diplômes nécessaires pour exercer le métier du Community Manager, voire le travail d'un/e communicant/e online. J'en parlerai davantage dès que j'aurai obtenu plus de détails et de réponses différents.

Aujourd'hui, je vous présente une interview avec la Community Manager RH de l'assureur Baloise Group, Michèle Richner. Pour ceux qui voudraient lire cette interview en allemand, cliquez ici.

JLP: Peux-tu nous dire un peu plus sur ton employeur?

MichèleJe travaille au Baloise Group, au siège à Bâle. La Bâloise est un groupe d'assurance européen comptant 8800 salariés.

JLP: Quelles sont tes tâches principales?

MichèleJ'organise, rédige et coordonne les contenus pour notre page Carrières et le web social (je m'occupe des présences aussi sur le plan opérationnel) et j'interviens donc en tant que Community Manager. De Facebook à Pinterest ou YouTube, tout est pris en compte. Le développement stratégique de la communication en ligne actuelle et la collaboration dans des projets transversaux font partie également de mes tâches. De plus, je soutiens différents postes dans l'entreprise sur des questions concernant les médias sociaux et j'organise régulièrement des réunions d'information.

JLP: Quelle formation as-tu fait? Est-ce une formation spécifique pour Community Managers?

MichèleJ'ai fait des études de gestion d'entreprise à la HES avec une spécialisation dans les "Corporate Communications". J'ai finalement terminé par un Certificate of Advanced Studies dans le domaine Digital Publisher / Social Media Producer. En clair, je n'ai pas de suivi de formation pour le métier du Community Manager à proprement parler. Le plus important, selon moi, c'est d'être soi-même, très actif sur les médias sociaux et de développer un "feeling" pour cette forme de communication. Et ça, on ne peut l'apprendre dans aucune école.

JLP: Qu'est-ce qui te fait le plus grand plaisir dans ton travail de Community Manager?

MichèleCe qui me fait le plus plaisir, c'est lorsque un contenu est bien reçu par la communauté et qu'il engendre une discussion ou quand je peux résoudre un problème et que la personne est ensuite satisfaite. J'ai alors atteint mon objectif. Mon travail est différent chaque jour, parfois je tourne une vidéo, parfois je prends des photos, ou encore je rédige moi-même un article. C'est ce que j'apprécie vraiment!

JLP: Comment évalue-t-on la réussite de ton travail? Quels en sont les indicateurs?

MichèleL'objectif est de renforcer notre marque d'employeur et de nous faire mieux connaître. Cet objectif est pourtant soumis à de nombreux facteurs, ce qui rend difficile la définition d'indicateurs pertinents pour le succès du Community Management. Mon objectif majeur est d'atteindre les groupes cibles de la Bâloise grâce à nos contenus, de les inciter à interagir et, dans l'idéal, à générer des candidatures. Mais ces objectifs sont mesurables de façon limitée seulement, car chaque personne ne donne pas comme source de la candidature les médias sociaux, bien que cela ait peut-être été déterminant.

JLP: Quel est, selon toi, l'avenir du Community Manager?

MichèleL'élément fondamental du Community Management ne changera pas, à savoir le fait d'écouter les gens et de communiquer activement avec eux. Ce principe restera le même. Les réseaux sociaux va toutefois gagner en importance, car cet aspect devient toujours plus significatif pour la communication d'entreprise. C'est pourquoi le Community Management sera de plus en plus fréquent et professionnel à l'avenir.

JLP: Comment vont évoluer les domaines d'activités du CM? Quels changements faudrait-il anticiper?

Michèle: Je pense que le Community Management sera de plus en plus intégré dans un contexte plus global de la communication d'entreprise. Aujourd'hui on parle toujours du "Social Media Manager" ou d'un "Community Manager". Mais les média sociaux sont devenus des "média de masse", un très grand nombre d'utlisateurs s'en sert dans la vie de tous les jours. Les tâches du CM et de la communication "traditionnelle" vont s'amalgamer, on ne fera plus la distinction entre média "classiques" et "nouveaux", les réseaux sociaux deviendront un outil supplémentaire de la communication. Là, je vois surtout la génération X qui prendra le relais car ils ont grandi avec eux dès leur petite enfance.

JLP: Par rapport aux responsabilités que tu assumes dans ton travail: qui s'occupe de quoi: de la responsabilité globale de ton travail, le contenu, la communication interne/externe, questions légales, stratégie, ...?

Michèle: Je travaille en collaboration étroite avec différents groupes cibles. Le contenu est discuté avec la communication et le service concerné dans l'entreprise. Pour les questions d'ordre juridique, nous avons un interlocuteur dans le domaine fiscalité & droit. Enfin, la responsabilité en termes de contenu et de stratégie est toutefois assumée par notre équipe Employer Branding & Recruiting.

JLP: Merci, Michèle pour tes réponses!

jeudi 11 juillet 2013

Appelez-les Community DJs au lieu de Community Managers

Voici l'excellente phrase de Bill Boorman, penseur non-conformiste dans la sphère du recrutement en ligne et fondateur des non-conférences "tru" (the recruiting unconference) qui s'exportent dans le monde entier, par rapport aux Community Managers: "Call them Community DJs, not Community Managers".

Cette phrase a eu du succès parmi les Twittos de la branche RH germanophone la semaine dernière, lors de la première non-conférence à Düsseldorf en Allemagne.

Il est vrai que le Community Manager a quelque chose d'un DJ:

  • il "re-mixe" la communication d'une entreprise afin d'enthousiasmer ses "fans", "followers", "likeurs", clients et/ou investisseurs
  • il pense à sa cible - quel style sera le mieux adapté à l'audience en face?
  • tout en gardant son "écriture", son style propre à lui
  • il entretient son audience en procurant des émotions positives
  • il peut être perçu comme quelqu'un un peu à part ou décalé dans une société car il peut "s'amuser aux platines" (sur les réseaux sociaux) pendant son travail
  • il (ou elle d'ailleurs) peut travailler jour et nuit - il y a toujours quelque chose qui se passe
  • il crée des liens
  • il reste constamment en veille
  • son métier évolue en même temps que la technologie
La seule chose qui me désole dans l'imagerie de Bill, c'est que beaucoup de gens associent le métier d'un DJ à la fête, à la légèreté absolue, aux excès de la drogue et de l'alcool, bref, à un emploi qui n'en est pas vraiment un et qui n'est pas pris au sérieux - du moins, en dehors de la communauté des DJs et des groupies.
Il manque également la dimension de stratégie et d'analyse de l'impact de son "re-mix" de communication.

Qu'en pensez-vous?
Je vais avoir l'occasion de voir Bill et de lui parler lors de la 3ème non-conférence à Paris le 16 octobre 2013 à laquelle je participerai grâce à l'invitation d'un des organisateurs de #truparis et collègue blogueur strasbourgeois, Jean-Christophe Anna.
Je lui demanderai ce qu'il entend par la fonction du "Community DJ".

Stay tuned.

Salut de Strasbourg, Eva

mardi 2 juillet 2013

Offre d'emploi: testeur d'hôtels en Bretagne

L'excellent blog de Régionsjob, "Mode(s) d'emploi", vient de publier un billet sur une offre d'emploi très intéressante: le club hôtelier de la côte de Granit Rose propose un CDD de 30 jours à deux personnes. Dés le 1er septembre 2013, les deux gagnants (il y a, en effet, un tirage au sort de 10 candidats qui devront ensuite démontrer leurs motivations devant un jury) partiront pour 30 jours d'aventure dans les 30 hôtels adhérents au club hôtelier.

Ils seront logés en pension complète pour une nuit dans chaque hôtel membre du club, recevront une rémunération de 2.000 €, auront l'obligation d'écrire quotidiennement sur leurs activités et les attraits de la Bretagne et accompliront des "missions mystères" tout au long de leur séjour.

Tout cela est, bien entendu, un coup de marketing et de communication afin de promouvoir la région et ses hôteliers - ainsi que le club hôtelier, bien sûr - surtout en temps de crise où les budgets vacances sont serrés. En plus de la crise, le mauvais temps a des répercussions considérables sur la rentabilité du tourisme.

Ayant passé les deux semaines dernières en Bretagne du Sud et qu'en parlant à des professionnels de là-bas, beaucoup confirmaient que les temps étaient rudes et que l'absence de touristes se faisaient sentir de plus en plus.

Une bonne chose reste quand même à dire à la fin: selon l'étude réalisée par Ipsos et Europ Assistance, les Autrichiens et Allemands ont l'intention de partir en vacances d'été cette année. Les Français vont plus se concentrer sur les destinations en France. Donc voilà de l'espoir pour les hôteliers de la Bretagne - car nous, les Allemands, on aime bien la Bretagne.

Les inscriptions au tirage au sort pour décrocher ce job de fin d'été ont commencé hier et vont jusqu'au 1er août inclus.

Pour vous inscrire.
Lisez le dossier presse.

Bonne chance!

vendredi 14 juin 2013

Le Community Management en France - que des diplômes?

Me voilà de retour sur ce blog délaissé depuis... des années! En effet, le dernier billet date de 2008. Je n'ai pas chômé car je me suis plutôt occupée de mes deux blogs germanophones Online-Recruiting.net (où ça parle des sites d'offres d'emploi, du marketing RH, des salons RH,.. enfin vous voyez) et SocialMedia-Recruiting.com (là, on rentre un peu plus dans le sujet de ce billet).

Aujourd'hui je me dis, qu'avec les compétences que j'ai acquises en 9 ans d'exercice pro - mon profil Viadeo se trouve par ici - dont 6 ans de "blogging" à fond et au moins 5 ans et demi à investir les média sociaux de toutes sortes, je peux prétendre à un poste en Community Management trilingue car je parle couramment l'allemand - c'est ma langue maternelle, l'anglais et le français.

En France par contre, se faire embaucher en tant que Community Manager, ne semble pas si simple que ça. Déjà, j'ai l'impression que le Community Management, c'est à dire le dialogue avec une audience (ré)active - ou pas d'ailleurs - dans les réseaux sociaux, est plus répandu dans les entreprises en France qu'en Allemagne. C'est alors une bonne chose. Enfin, cette hypothèse reste à prouver.
Néanmoins, ce que j'aime dans l'espace "Web 2.0" français et dans la vie en France tout court, c'est la communication en général. 


Qu'est-ce que ça communique en France (je ne plaisante ou ne me moque pas)! Je "pratique" la vie en France depuis plus de 10 ans. J'aime ces jeux de mots typiquement français  je me suis habituée aux émissions radios où ça ne fait que "papoter", je regarde même des émissions où ça parle principalement.

Donc, j'ai envie de tenter une expérience dans le Community Management international. Savoir concevoir une stratégie pour les réseaux sociaux, telle que Pierrick Valin prône dans son billet sur MyCommunityManager, c'est cela, je pense, la graine du boulot de chaque Community Manager. Avoir envie de rentrer en contact avec les gens via Internet et dans la vraie vie (IRL - in real life) est primordial. Le goût pour les nouvelles technologies et les évolutions rapides dans le monde d'Internet sont également des qualités d'un CM. Rassembler des informations et des recherches autant en interne qu'à l'externe, analyser et comprendre des contenus complexes et les rendre compréhensibles et intéressants à une audience constamment inondée de "news", ça c'est le grand art du CM.

Pour revenir à ma question initiale: pour faire tout cela, quel diplôme faut-il avoir en France pour décrocher un poste en CM / stratégie digitale? En faut-il un vraiment?

Je vais enquêter et vous invite à répondre à cette question. On se tient au jus?
A la prochaine!

Salut de Strasbourg,
Eva