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mercredi 31 juillet 2013

Les relations blogueurs - la science infuse n'existe pas encore

Cela fait un moment que j'investis "la blogosphère" - c'était en 2006 quand j'ai lancé mon blog perso sur lequel j'ai décrit ma vie en France (à Lyon) en tant qu'allemande. Un an plus tard, et cela ne fait que quelques jours qu'il a soufflé ses bougies pour la sixième fois, Online-Recruiting.net - mon blog sur l'e-recrutement à l'international, est né.

C'est sûr, je m'occupe plus de ce dernier que des autres (il existe également une version anglaise d'Online-Recruiting.net, Socialmedia-Recruiting.com et depuis peu, un Tumblr en anglais qui comportera quelques observations sur les marchés des sites emploi et les réseaux sociaux).

Autour d'Online-Recruiting.net s'est créée une communauté très intéressante, intéressée et bien spécialisée: on y trouve des recruteurs germanophones, des gérants de sites d'offres d'emploi tous azimuts, des commerciaux qui interviennent auprès des professionnels des RH, des employés d'agences de communication (RH) et depuis l'émergence des médias sociaux, des consultants de toutes sortes. Bien évidemment, s'y rendent aussi quelques SEO en quête de liens et de mots-clés mais leur taux de réussite est faible chez moi.

Un blog, bien sûr, reflète le regard subjectif du blogueur sur une information plus ou moins objective, sur une observation qu'il a faite ou sur une idée qu'il (ou elle d'ailleurs!) a eue. Un billet représente majoritairement un commentaire engagé sur quelque chose qui a suscité l'intérêt du blogueur. L'envie de réagir, voire d'agir, motive le blogueur de s'exprimer sur la Toile - à sa façon.

Le web 2.0 a "démocratisé" la communication, il n'existe plus que le journalisme en guise d'objectivité ou de désintéressement mais on sait très bien que même le journalisme "pur" n'a pas toujours été objectif ou désintéressé mais on n'en parle pas ouvertement. Enfin bref, ce n'est pas le sujet.

Par conséquent, le Blogueur (oui, avec un grand B) n'est PAS un journaliste et il ne voudrait pas être traité en tant que tel. Il faut penser les relations presse avec les blogueurs autrement.

Tous les jours, je reçois plusieurs communiqués de presse sur des sujets plus ou moins pertinents. Environ trois quarts d'entre eux finissent directement à la poubelle. Le reste, je vais y jeter un coup d’œil afin de décréter si la news peut m'intéresser moi et mes lecteurs - ben oui, je pense à ma communauté: je les connais, je les pratique depuis six ans! Je sais ce qu'ils aiment, je sais sur quoi ils vont rebondir, je sens quelle information peut les titiller derrière leurs écrans (grands et petits).

Par moment, quand on rédige un billet dans lequel on exprime les 4 vérités en mettant le bout du doigt où cela fait mal, on a un coup de téléphone pour nous donner "les bonnes informations" - c'est à dire, on voudrait nous faire changer d'avis et, surtout, modifier le contenu du billet. Je comprends, ce n'est pas facile de voir que quelqu'un a remarqué le défaut d'un produit que l'on a soigneusement essayé de masquer.

Heureusement, la plupart des blogueurs font partie des gens qui sont capables de changer d'avis - il n'y a que les imbéciles qui n'en changent pas. Par contre, on le change uniquement quand on voit qu'on avait tort ou que l'on n'avait pas tous les éléments nécessaires.

Ce que je veux dire c'est qu'il est très important de mettre les formes dans la communication avec les blogueurs. Appeler en disant "mais pourquoi vous nous avez pas contactés avant de rédiger ce texte?" ne va pas booster la motivation du blogueur de réagir dans un sens ou un autre. Par contre, appeler en ouvrant le dialogue sur le sujet en proposant des éléments intéressants (!), voire exclusifs, supplémentaires, ça va parler à un vrai blogueur qui pense à son audience.

Les relations blogueurs, oui, c'est autre chose que les relations presse. Recevoir des cadeaux de la part d'une marque ne nous intéresse pas - en tous cas, pas moi. Je n'ai pas envie d'être amadouée ou de me faire acheter. Mais on peut avancer ensemble en dialoguant avec les marques - elles et les blogueurs, on peut comprendre et apprendre beaucoup de choses. Par exemple, on peut réviser son style d'écriture pour formuler certains points critiques autrement. Les marques, elles, finiront par comprendre qu'au bout du compte, les blogueurs ne cherchent pas à leur faire du mal.

De temps en temps, on peut recevoir des propositions de "stories" exclusives mais c'est toujours le blogueur qui décide à la fin s'il la raconte ou non. Il ne faut pas se vexer si c'est non.
Un (petit) déjeuner blogueurs (et NON presse) peut être une bonne idée pour rentrer en contact avec ces fans du rédactionnel. Mais, s'il vous plaît, ne nous faites pas subir une présentation de résultats d'une étude ou d'un nouveau produit. Justement, organisez plutôt un événement pour créer un nouveau produit en discutant avec nous. Vous aurez les commentaires, critiques et les éloges directement sur place! En plus, vous pourrez adapter ou améliorer votre produit sur-le-champ. Cool, hein?

Pour conclure, la communication moderne des marques doit toujours évoluer - les bonnes expériences de relations blogueurs réussies restent rares. La plupart du temps, les bons exemples me parviennent des professionnels de communication et de marketing d'Angleterre et des Etats-Unis.
Mais les blogueurs, eux aussi, doivent être et rester à l'écoute des marques - ce n'est qu'en dialoguant avec ces dernières que l'on fera avancer les choses.

lundi 15 juillet 2013

Interview: Community Manager de Baloise Group - Michele Richner

Comme indiqué dans un billet publié récemment, j'ai commencé à enquêter autour de moi afin de trouver des réponses à la grande question: le métier du Community Manager, cela englobe quoi exactement? Quel profil professionnel faut-il avoir? Faut-il un diplôme pour cela? Existe-t-il des formations exprès pour le Community et Social Media Management?

Les avis sur les deux dernières questions évoquées au paragraphe auparavant sont, bien évidemment, partagés. Par contre, je vois déjà - côté marché germanophone - une plus grande flexibilité par rapport aux diplômes nécessaires pour exercer le métier du Community Manager, voire le travail d'un/e communicant/e online. J'en parlerai davantage dès que j'aurai obtenu plus de détails et de réponses différents.

Aujourd'hui, je vous présente une interview avec la Community Manager RH de l'assureur Baloise Group, Michèle Richner. Pour ceux qui voudraient lire cette interview en allemand, cliquez ici.

JLP: Peux-tu nous dire un peu plus sur ton employeur?

MichèleJe travaille au Baloise Group, au siège à Bâle. La Bâloise est un groupe d'assurance européen comptant 8800 salariés.

JLP: Quelles sont tes tâches principales?

MichèleJ'organise, rédige et coordonne les contenus pour notre page Carrières et le web social (je m'occupe des présences aussi sur le plan opérationnel) et j'interviens donc en tant que Community Manager. De Facebook à Pinterest ou YouTube, tout est pris en compte. Le développement stratégique de la communication en ligne actuelle et la collaboration dans des projets transversaux font partie également de mes tâches. De plus, je soutiens différents postes dans l'entreprise sur des questions concernant les médias sociaux et j'organise régulièrement des réunions d'information.

JLP: Quelle formation as-tu fait? Est-ce une formation spécifique pour Community Managers?

MichèleJ'ai fait des études de gestion d'entreprise à la HES avec une spécialisation dans les "Corporate Communications". J'ai finalement terminé par un Certificate of Advanced Studies dans le domaine Digital Publisher / Social Media Producer. En clair, je n'ai pas de suivi de formation pour le métier du Community Manager à proprement parler. Le plus important, selon moi, c'est d'être soi-même, très actif sur les médias sociaux et de développer un "feeling" pour cette forme de communication. Et ça, on ne peut l'apprendre dans aucune école.

JLP: Qu'est-ce qui te fait le plus grand plaisir dans ton travail de Community Manager?

MichèleCe qui me fait le plus plaisir, c'est lorsque un contenu est bien reçu par la communauté et qu'il engendre une discussion ou quand je peux résoudre un problème et que la personne est ensuite satisfaite. J'ai alors atteint mon objectif. Mon travail est différent chaque jour, parfois je tourne une vidéo, parfois je prends des photos, ou encore je rédige moi-même un article. C'est ce que j'apprécie vraiment!

JLP: Comment évalue-t-on la réussite de ton travail? Quels en sont les indicateurs?

MichèleL'objectif est de renforcer notre marque d'employeur et de nous faire mieux connaître. Cet objectif est pourtant soumis à de nombreux facteurs, ce qui rend difficile la définition d'indicateurs pertinents pour le succès du Community Management. Mon objectif majeur est d'atteindre les groupes cibles de la Bâloise grâce à nos contenus, de les inciter à interagir et, dans l'idéal, à générer des candidatures. Mais ces objectifs sont mesurables de façon limitée seulement, car chaque personne ne donne pas comme source de la candidature les médias sociaux, bien que cela ait peut-être été déterminant.

JLP: Quel est, selon toi, l'avenir du Community Manager?

MichèleL'élément fondamental du Community Management ne changera pas, à savoir le fait d'écouter les gens et de communiquer activement avec eux. Ce principe restera le même. Les réseaux sociaux va toutefois gagner en importance, car cet aspect devient toujours plus significatif pour la communication d'entreprise. C'est pourquoi le Community Management sera de plus en plus fréquent et professionnel à l'avenir.

JLP: Comment vont évoluer les domaines d'activités du CM? Quels changements faudrait-il anticiper?

Michèle: Je pense que le Community Management sera de plus en plus intégré dans un contexte plus global de la communication d'entreprise. Aujourd'hui on parle toujours du "Social Media Manager" ou d'un "Community Manager". Mais les média sociaux sont devenus des "média de masse", un très grand nombre d'utlisateurs s'en sert dans la vie de tous les jours. Les tâches du CM et de la communication "traditionnelle" vont s'amalgamer, on ne fera plus la distinction entre média "classiques" et "nouveaux", les réseaux sociaux deviendront un outil supplémentaire de la communication. Là, je vois surtout la génération X qui prendra le relais car ils ont grandi avec eux dès leur petite enfance.

JLP: Par rapport aux responsabilités que tu assumes dans ton travail: qui s'occupe de quoi: de la responsabilité globale de ton travail, le contenu, la communication interne/externe, questions légales, stratégie, ...?

Michèle: Je travaille en collaboration étroite avec différents groupes cibles. Le contenu est discuté avec la communication et le service concerné dans l'entreprise. Pour les questions d'ordre juridique, nous avons un interlocuteur dans le domaine fiscalité & droit. Enfin, la responsabilité en termes de contenu et de stratégie est toutefois assumée par notre équipe Employer Branding & Recruiting.

JLP: Merci, Michèle pour tes réponses!

jeudi 11 juillet 2013

Appelez-les Community DJs au lieu de Community Managers

Voici l'excellente phrase de Bill Boorman, penseur non-conformiste dans la sphère du recrutement en ligne et fondateur des non-conférences "tru" (the recruiting unconference) qui s'exportent dans le monde entier, par rapport aux Community Managers: "Call them Community DJs, not Community Managers".

Cette phrase a eu du succès parmi les Twittos de la branche RH germanophone la semaine dernière, lors de la première non-conférence à Düsseldorf en Allemagne.

Il est vrai que le Community Manager a quelque chose d'un DJ:

  • il "re-mixe" la communication d'une entreprise afin d'enthousiasmer ses "fans", "followers", "likeurs", clients et/ou investisseurs
  • il pense à sa cible - quel style sera le mieux adapté à l'audience en face?
  • tout en gardant son "écriture", son style propre à lui
  • il entretient son audience en procurant des émotions positives
  • il peut être perçu comme quelqu'un un peu à part ou décalé dans une société car il peut "s'amuser aux platines" (sur les réseaux sociaux) pendant son travail
  • il (ou elle d'ailleurs) peut travailler jour et nuit - il y a toujours quelque chose qui se passe
  • il crée des liens
  • il reste constamment en veille
  • son métier évolue en même temps que la technologie
La seule chose qui me désole dans l'imagerie de Bill, c'est que beaucoup de gens associent le métier d'un DJ à la fête, à la légèreté absolue, aux excès de la drogue et de l'alcool, bref, à un emploi qui n'en est pas vraiment un et qui n'est pas pris au sérieux - du moins, en dehors de la communauté des DJs et des groupies.
Il manque également la dimension de stratégie et d'analyse de l'impact de son "re-mix" de communication.

Qu'en pensez-vous?
Je vais avoir l'occasion de voir Bill et de lui parler lors de la 3ème non-conférence à Paris le 16 octobre 2013 à laquelle je participerai grâce à l'invitation d'un des organisateurs de #truparis et collègue blogueur strasbourgeois, Jean-Christophe Anna.
Je lui demanderai ce qu'il entend par la fonction du "Community DJ".

Stay tuned.

Salut de Strasbourg, Eva

mardi 2 juillet 2013

Offre d'emploi: testeur d'hôtels en Bretagne

L'excellent blog de Régionsjob, "Mode(s) d'emploi", vient de publier un billet sur une offre d'emploi très intéressante: le club hôtelier de la côte de Granit Rose propose un CDD de 30 jours à deux personnes. Dés le 1er septembre 2013, les deux gagnants (il y a, en effet, un tirage au sort de 10 candidats qui devront ensuite démontrer leurs motivations devant un jury) partiront pour 30 jours d'aventure dans les 30 hôtels adhérents au club hôtelier.

Ils seront logés en pension complète pour une nuit dans chaque hôtel membre du club, recevront une rémunération de 2.000 €, auront l'obligation d'écrire quotidiennement sur leurs activités et les attraits de la Bretagne et accompliront des "missions mystères" tout au long de leur séjour.

Tout cela est, bien entendu, un coup de marketing et de communication afin de promouvoir la région et ses hôteliers - ainsi que le club hôtelier, bien sûr - surtout en temps de crise où les budgets vacances sont serrés. En plus de la crise, le mauvais temps a des répercussions considérables sur la rentabilité du tourisme.

Ayant passé les deux semaines dernières en Bretagne du Sud et qu'en parlant à des professionnels de là-bas, beaucoup confirmaient que les temps étaient rudes et que l'absence de touristes se faisaient sentir de plus en plus.

Une bonne chose reste quand même à dire à la fin: selon l'étude réalisée par Ipsos et Europ Assistance, les Autrichiens et Allemands ont l'intention de partir en vacances d'été cette année. Les Français vont plus se concentrer sur les destinations en France. Donc voilà de l'espoir pour les hôteliers de la Bretagne - car nous, les Allemands, on aime bien la Bretagne.

Les inscriptions au tirage au sort pour décrocher ce job de fin d'été ont commencé hier et vont jusqu'au 1er août inclus.

Pour vous inscrire.
Lisez le dossier presse.

Bonne chance!